1.2.11

Jour sans

Il y a des jours comme ca où rien ne marche. On se pointe à la bibliothèque sans son bouquin de cours, on oublie ses stylos (le sur-ligneur jaune si cher a Mme prof de Français de 5e) et en plus de cela sa calculatrice, alors que le soir même on a un examen. La vie est ainsi faite de journées sans. Et même lorsqu'on arrive a récupérer par miracle une calculatrice avant d'entrer dans la salle, on apprend durement qu'on a oublié dans un coin de sa tête les formules qui auraient pu rendre service. C'est comme cela. On devrait fêter ces jours là. Les rendre fériés et rester au lit.

Alors oui cela serait génial un jour férié, comme ca, de temps à autre, quand cela nous arrange. Certains d'entre vous me diront, oui mais alors, tête de pancake, comment est ce que tu pourrais faire pour te rendre compte que c'est une journée sans ? Certes, et je veux bien le comprendre, il parait difficile, tout en restant dans son lit, d'affirmer le fait qu'une journée X soit une journée merdique. En meme temps il semble quand meme tres convenable de se decider avant de sortir du lit, et ce afin de prendre le moins de risques, de décréter journée "sans" avant même d'en être sur à cent pour cent.

En effet quel serait votre malheur que de vous levez un jour, de préparez vos affaires, à savoir un sac en bandoulière, un sac a dos, un sac plastique et une raquette de squash. De partir de chez vous, prendre le tram vers la gare numéro 1 et de rater votre train à une petite minute (soixante secondes rendez vous compte !). Rien. Même pas un Big Mac ! Mais encore motivé vous prenez donc un tram pour aller à la gare numéro 2 (Centraaaaal) parce qu'il y a plus (comme dans d'avantage) de trains qui partent de cette dernière. C'est à ce moment qu'entre la plate-forme de tram et la quai du train vous piquez un sprint à travers le hall. Et BIM ! Raté ! Le suivant est dans un demi-heure, il fait froid, ca vous demange l'entre jambe, alors vous prenez un autre tram pour aller à la gare numéro 3 (Le quai de la hollande). Où là vous êtes sûr qu'il y aura au moins un train qui vous attendra. Vous arrivez dans le hall, regardez les horaires, il y a un train dans une minute. Sapristi ! Un autre sprint. Vous courez comme si la Terre s'ouvrait derrière vous. Comme si vous etiez sur le point de vous faire manger tout cru par la dinde de noël. Le quai s'ouvre à vous. Un train à droite, un train à gauche. Il faut choisir. La reflexion n'est pas possible, les trains sifflent. Vous sautez dans le train sur votre droite. Heureux. Vous l'avez eu se train. Les portes se referment. Le train s'élance.

Il 's'élance dans le mauvais sens.

En voila une erreur que vous auriez pu éviter en restant bien au chaud dans votre lit. Malheureusement il a fallu que vous testiez les éléments pour voir si ils étaient avec où. Envers et contre tous. Un peu comme aujourd'hui, ou je ne sais que trop quoi écrire sur ce blog. Je vous laisse, ami lecteur, avec se sentiment de balade incohérente que peut procurer une soirée arrosée lorsqu'on se la remémore...

A vous l'antenne.

5.1.11

Inception

A l'origine il n'y avait rien. Le vide. La vie n'existait pas. Il n'y avait pas de réalité. Il y avait encore moins de rêve. Étrange que l'on puisse dire que le rêve existe. Existe-t-il réellement ? Cette question est encore plus étrange. Comment peut on demander sur un ton inquisiteur si le rêve, l'anti-thèse de la réalité, existe relativement à la réalité. Certes tous autant que nous sommes ont eu à faire avec des rêves d'un réalisme foudroyant. Mais n'avons jamais tous sut que le rêve était rêve alors qu'il est autant que la réalité une projection neuronale. La frontière est floue, et depuis toujours elle est un méandre inextricable d'histoires...

Commençons d'abord par nous réveiller ! Prenez votre main droite, celle qui se trouve sur votre souris ou votre pad. Lentement mais surement dirigez là vers votre main gauche. Posez cette dernière la paume vers le bas sur votre table/bureau/cuisse et avec l'index et le pouce de votre main droite pincez fortement: AÏE ! Vous êtes réveillez. Rien ? Veuillez consulter un médecin dans les plus brefs délais.

Ceci étant fait, nous pouvons continuer notre discussion sur le rêve, et rien de tel que de se remémorer ce que l'on nous a dit sur les rêves lorsqu'on était petit. Je me rappellerai toujours de ce dessin animé qui expliquait que le rêve était le processus de classification des images que nous avions vu pendant la journée et, pour cette raison, nous rêvions souvent de choses que nous avions faites durant la journée passée. La seule différence étant que nous étions amenés a mélanger plusieurs partie de notre éveil au sein d'un même songe (j'ai enfin trouvé un synonyme à "rêve"). Ceci pouvait créer quelque fois des cauchemars car ces visions ne correspondaient pas à la réalité, en quelque sorte une perte de repère était générée.

Comme dans la réalité celle-ci est angoissante. C'est à peu de chose près le maitre mot du film Inception. En gros tout le film ou presque se passe dans des rêves qui mélangent différents éléments de la réalité, l'idée de départ étant de vouloir nous perdre et de nous fournir des sensations fortes. Malheureusement le film échoue lamentablement de ce coté ci. Personne n'ayant jamais pu rêver de choses aussi complexes et complètes. On ne retrouve pas le monde propres aux songes, à la fois immense car infini, flou de part son imprécision et petit à cause de l'étroit espace qui y est représenté. Les rêves mis en place par l'équipe de Dicaprio font appels à des scènes de déjà vu, que ce soit une fusillade dans New York ou une fusillade dans une base militaire en Alaska. Alors certes ces scènes (les passages dans l'hotel à la pesanteur particulière) sont bien faites mais ne servent pas le titre du film.

Parce qu'au final, après être parti sur la possibilité ou non de créer une idée dans l'esprit d'autrui, on finit par un énorme film de baston Hollywoodien qui se finit dramatiquement par la guérison psychologique de notre héros. Alors moi je veux bien, et d'ailleurs j'ai passé un agréable moment a regardé ce film, mais pas besoin de me faire tout un speech sur les rêves, la réalité et la mémoire, qui est quand même assez laborieux à suivre au milieu de 143 scènes d'actions. A la fin du film je me suis même fait la réflexion : mais qu'est ce que je suis con à avoir voulu comprendre toute cette histoire.

A part ca on notera que Dicaprio joue le même rôle a peu de choses près que dans Shutter Island de Scorcese. Ce dernier film amenant un bien meilleur raisonnement sur l'interprétation d'un rêve en tant que réalité et sur la réalité en elle même ("vivre tel un monstre ou mourir en héros?"). Sur le même sujet Inception est bien loin de Matrix qui fut pourtant un gigantesque blockbuster avec une bonne dose d'action et qui amenait une réflexion beaucoup plus profonde sur la perception d'un songe en tant que réalité. On notera aussi que notre égérie Française, j'ai nommé Marion Cotillard, outre le fait qu'elle a un vilain accent Français se fait allusionner (du verbe "Faire Allusion") de toute part à chaque fois que la chanson de réveil sonne (c'est du Piaf). Bref Inception n'est surement pas le film de l'année, comme les lecteurs-du-monde.fr-qui-votent ont voté.

Reste que la fin pose une question essentielle: le niveau 0 du film est il la réalité ou un rêve ? A savoir si cette histoire tourne rond... ou pas.

Teddy Polar Bear, la tête à l'envers...

17.12.10

Exit Through The Gift Shop

Exit through the gift shop fait référence aux messages placardés sur les attractions de Disney Land où les sortie de secours mènent vers ces petites boutiques. Symbole de la mondialisation, du capitalisme et de la dictature de l'image. Clin d'oeil à Simulacres et simulation de Jean Baudrillard, où l'origine d'une oeuvre, ce qu'elle représente, n'a plus d'importance, seul sa valeur fictive, qu'elle soit monétaire ou imaginaire, compte. Tel est en sorte ce que dénonce ce film.

Pour ce faire Banksy, le street artist, connu pour avoir placardé des affiches dans toutes les grandes villes du monde et tagué le mur de Jérusalem, raconte sous forme de documentaire la genèse d'un mouvement dissident jusqu'à son apothéose. Afin de resté dans l'anonymat et de ne pas prendre toute la couverture du film il propose de suivre un étrange personnage, un Français résidant à Los Angeles : Thierry Guetta, comme le fameux DJ. Ce gentil personnage à l'accent Français très prononcé et aux pattes fort proéminentes est ce qu'on pourrait appeler un papa-caméscope compulsif. Il filme tout, tout le temps. Ses enfants, sa femme, les passants, la rue, son boulot, les quelques stars qu'il croise dans la rue et son cousin qui fait de drôles de mosaïques a l'effigie des fameux "space invaders."

Cette dernière rencontre est le point de départ du film à proprement parlé. Thierry Guetta, total étranger au monde de l'art, trouve enfin quelque chose qui vaille le coup d'être filmé, il découvre un but, un objectif dans sa pathologie compulsive. Une petite rétrospective sur son enfance nous explique pourquoi notre héros a ce besoin. Sa mère disparaît lorsqu'il a 11 ans, il est tout de suite retiré du foyer et recueilli chez ses cousins ou il grandira avec très peu de souvenirs de sa mère. Pour éviter la même situation à ses enfants, il veut emmagasiner un maximum d'images pour qu'ils ne puissent pas oublier. L'importance de l'image est ici souligner, comme si la réalité ne pouvait exister sans sa représentation, le culte de l'image a sa victime, sa pathologie, elle s'appelle Thierry Guetta.

Se sentant enfin utile il se lance dans la capture d'un maximum d'images de ces jeunes artistes indépendants, différents qui taguent des affiches publicitaires et placardent des images sur des murs gris. Très vite Guetta devient l'ami de ces hommes et femmes. Il parcoure le monde, de ville en ville pour filmer leurs actions. Il les connait presque tous. Il n'en manque q'un seul. Banksy.

Il va finir par le rencontrer, le filmer et devenir son meilleur ami. Banksy, l'ombre, s'associe à Guetta, la lumière. Celui qui faisait de l'art de rue incognito veut tout de même avoir un témoignage, un héritage visuel montrant son oeuvre et ses actions. Banksy lui demandera même au final d'en faire un documentaire retraçant l'histoire du mouvement. Malheureusement Guetta n'est qu'un mouton parmi tant d'autres et ne saura en aucun cas mené à bien cette première mission. Le documentaire est un désastre. L'artiste demande alors de le faire soi-même et propose une deuxième tâche à son fidèle filmeur: devenir à son tour un artiste de la rue.

Ni une ni deux Guetta se lance dans cette nouvelle activité. Très vite on se rend compte qu'il n'est pas un artiste, mais un simple copieur. Reprenant le travail d'autres artistes il y ajoute des taches pour en faire des oeuvres d'art, demande à ses assistants de photoshoppés des publicités déjà existantes ou encore tombe d'une échelle alors qu'il tague un mur. Il ne sait rien faire et a besoin d'aide pour tout. Pourtant il réussi à mettre sur pied une gigantesque exposition qui lui rapportera plus d'un million de dollars en une soirée. Le paroxysme de ce film, montrant à quel point aucun art ne peut résister à cette matière anti-artistique qu'est l'argent.

A la fin de ce film les notions d'art, de sub-culture ou encore de street art n'ont plus vraiment de sens. Elles se mélangent dans des entrelacs de ramifications, d'exemple et de contre-exemples, qui prouvent et éprouvent des thèses. Il ne reste qu'une question valable : qu'a donc voulu dire Banksy à travers ce vrai-faux documentaire ? Il a peut etre voulu défendre tout ses artistes qui eux aussi dessinent les espaces urbains, l'argent et la reconnaissance n'étant rien, Guetta étant le parfait exemple de non-artiste qui a seulement était opportuniste. Peut etre Banksy a-t-il ici critiqué par la même occasion le rôle qu'ont les médias sur l'art, en le portant à la connaissance d'un public celui-ci est d'emblée dénaturé et ne peut resté dans l'anonymat qui le défini. En effet quel est le rapport entre Space Invaders créant ses mosaïques au fond de son garage pour les accrochés dans la rue et Guetta jetant un coup de bombe au hasard sur 200 images identiques afin de les rendre uniques ? Aucun. L'ironie est palpable. Comme dans toute l'oeuvre de Banksy.

On se demande alors si au contraire ce documentaire n'est en fait qu'une simple oeuvre d'art, monté de toutes pièces ce documentaire ne serait peut être qu'un film différent. Il est ce que le street art est à l'ensemble de l'imagerie urbaine. Différent, peu conventionnel et ironique. Prenant la forme d'un documentaire il est déjà en soi un mode d'expression peu répandu comme l'est l'art en milieu urbain. Il est encore moins conventionnel dans le sens où il n'est pas vraisemblable. Il montre à quel point la forme d'une expression artistique peut induire sur sa compréhension, à travers Guetta et à travers le film en lui-même, on comprend à quel point le message ou l'absence de message peut être comprise différemment.

Banksy prend à revers la dictature de l'image et l'absence d'une réalité propre aux humains dénoncées par Baudrillard en créant un film qui montre la réalité de manière détournée afin que l'on comprenne mieux qu'elle est personnelle et universelle dans son accès.

C'est un Teddy Polar Bear, qui ne sait plus quoi dire, qui vous dit au revoir.

5.12.10

The Man from Earth

Je suis né 15 000 ans avant J-C. Dans une tribu du centre de l'Asie. Jeune j'étais humain. Avec le temps qui s'écoula, je devins différent. Vivre longtemps certes, mais qu'est ce que le temps quand on est homme de cro-magnon, quand on ne sait pas parler ou comprendre le monde qui nous entoure ?

Ma seule certitude était justement cette incompréhension. Mes compagnons disparaissaient, moi je restais. Très vite mes congénères m'exclurent. Moi le paria, le seul qui n'était point comme les autres. J'entrepris une longue errance à travers le monde. Jamais la mort ne vint me guetter. Jamais une blessure ne me fut fatale. Seul je pouvais marcher. J'ai sans doute traversé le monde, vu la manche alors qu'elle n'était point encore sous les eaux, visité les villages de la mer de Noire et rencontré le Bouddha.

Pourtant ce que je vous dis là je ne l'ai qu'appris plus tard. Bien plus tard. A une époque où la géographie fit son apparition, où les hommes commencèrent à comprendre le phénomène de la montée des eaux. Les guerres auxquelles j'ai participé. Les merveilles que j'ai vu s'ériger. Les civilisations que j'ai vu disparaitre. Tout cela n'est que le fruit d'un apprentissage tardif. L'expérience n'est rien sans la connaissance.

J'ai rencontré de grands hommes. Bouddha en fût un. Le seul qui de son temps me fît comprendre qu'il était grand. Sage, calme, ses préceptes me permirent d'accepter mon état. Homme immortel j'étais. Immortel je resterai. Je repris la route en direction de l'Europe, sur mon chemin, non loin de Bethleem et Jerusalem, j'ai essayé de transmettre les préceptes du Bouddha. Ils furent mal accueillis. Violemment rejeté par certains. Mais d'autres les suivirent, les interprétèrent faussement et en firent toute une histoire. Une erreur. Mon erreur.

L'homme n'a pas assez de recul, il n'a pas assez d'horizon non plus. Lorsque le recul devient suffisant l'horizon est trop court pour qu'il soit utile. Au contraire, sans recul, l'horizon est trop flou ou trop grand. La folie guette, attaque parfois, et mord de temps à autre. Si le monde moderne est ce qu'il est aujourd'hui, il est le fruit d'une mémoire collective. A défaut de ne savoir quoi faire, les hommes ont appris ce qu'ils ne devaient pas faire. Je n'y suis pour rien, et mon simple état de pion n'y changera rien.

Je suis en quête de connaissance, la reconnaissance ne m'intéresse que peu. Je suis à la recherche d'un semblable, mais lui non plus ne m'aidera pas. J'ai croisé l'amour, vogué sur l'amitié et sombré dans la tristesse. Ma vie n'est qu'une longue errance à la recherche de la personne que je suis. Même si je suis au dessus de tout les mortels, immunisé face à cette angoisse, cette pression de devoir faire les choses rapidement, je ne suis qu'un homme perdu comme tant d'autres. Qui suis je ? Que dois je faire ? Où vais je ? Pourquoi moi ? Je suis si banal et si extraordinaire à la fois.

Je ne suis au final qu'un humain comme tant d'autres.

24.11.10

Cargo

Bientôt il fera froid dans l'espace, les lumières faites de néons disparaitront et laisseront place à des nuages de vapeurs que l'Homme expirera dans l'obscurité.

Cargo, Space is cold, film suisse allemand, réalisé par Ivan Engler et Ralf Etter nous offre des lendemains polaires dans l'immensité d'un espace vide.

Nous sommes donc en 2267, dans une gigantesque station spatiale en orbite au dessus de la Terre, où les hommes encore en vie survivent tant bien que mal, entassés les uns sur les autres dans des salles d'attente où le froid règne en maitre absolu. La modernité si chère à la science fiction ne se fait ressentir qu'à travers des écrans plats omniprésents et des appareils de communication étonnamment peu surpuissants: le Monde, où l'espèce humaine, n'a donc que peu évolué. Comme souvent le thème de départ est cette absence d'un chez soi comme nous le connaissons. La Terre est inhabitable, une multi-nationale commande dorénavant les décisions politiques et les futurs étapes de la destinée humaine. Les ingrédients sont là, on peut s'installer confortablement, poser son bock de pop-corn et se laisser transporter.

Passé la surprise de la langue allemande comme voix originale, on découvre l'histoire du film. Laura, médecin, veut rejoindre sa soeur partie vivre sur une planète lointaine qui ressemble à la Terre, Rhea. Comme un signe, les rares images de ce paradis perdu sont celles d'un automne aux couleurs dorées, avant que l'hiver ne sévisse, comme un clin d'oeil aux réfugiés qui veulent tous s'echapper non pas vers des lendemains chantants mais vers un passé disparu. Les hommes n'ont plus d'avenir dans cette branche du possible, seul le retour aux fondamentaux de la vie leur sera salvateur. Fiction ? Rien n'est moins sur.

Notre héroine s'embarque sur un immense vaisseau spatial cargo avec quelques membres d'équipage. Le trajet allé-retour, d'une durée de 4 ans, devra lui permettre de payer le voyage vers Rhea et rejoindre sa soeur. Une grande partie du trajet se fera plongé dans un sommeil cryogène. Chaque membre devant surveillé le vaisseau pendant 4 mois d'affilés, seul dans le froid. Évidemment le vaisseau n'est pas vide, et le jeu du chat et de la souris commence. L'angoisse monte lentement et le froid se transmet. La fin du film propose une réflexion sur les motivations des hommes: ce qui nous pousse chaque jour à nous lever, à faire quelque chose de notre vie alors que celle ci est vouée à finir tôt ou tard, retourner au néant.

L'idée que le bonheur puisse être artificiel se heurte à notre volonté de vouloir dominer et contrôler. L'espece humaine à toujours voulu sortir de son statut animal et s'affranchir des limites de cette condition. Tout dans notre développement à toujours été orienté vers cette idée que le contrôle était le stade absolu de l'homme, l'idée même de la liberté est celle du contrôle, le refus d'être dépendant de ce que la Terre ou toute autre personne a à nous offrir. La question qu'on peut se poser, après avoir vu ce film, où d'autres, après avoir appris que le Père Noël n'existait pas, ou même en repensant à cette chèvre si naïve mais si forte : le prix de la liberté et du bonheur n'est il pas celui de l'ignorance ?

"Heureux les simples d'esprits" disait Sinsemilia dans une de leurs chansons, heureux Amine qui chérissait son barbecue en plein désert, heureuse la soeur de notre héroïne.

Toutefois la vérité semble plus forte pour Laura. Elle décide de refuser ce paradis et de se battre pour un meilleur monde à dessein de tous. En apprenant toutes les facettes de la vérité elle arrive à saisir l'essence même de son être et réalise que l'épanouissement de sa personne ne peut que passer par un retour a ses racines, celles qui réduisent la liberté apparente mais qui permettent de bâtir une vie, un chez-soi et, d'une certaine manière, de la rendre humaine. On se demande si son choix est le bon, si nous même aurions fait le même geste, sommes nous suffisamment forts ?

Une perle de la science fiction, difficile à trouver, mais qui se déguste avec plaisir.

L'ourson blanc de l'espace vous salue.




18.10.10

American Pie Versus G.I. Joe

Mesdemoiselles, mesdames et messieurs, bonsoir. Bienvenue dans l'antre du combat cinématographique, sur le ring des affrontements hollywoodiens, au milieu de l'arène des combats improbables.

Asseyez vous confortablement, attachez vos ceintures (non je déconne), ouvrez vos paquets de pop corns et faites siffler les pailles en plastiques. Ce soir, à ma droite, venu de nulle part, et pourtant onniprésent, l'élégance et la légèreté incarnés, le colosse multi-récidiviste, le spécialiste de l'ado pré-pubère, j'ai nommé : AMERICAN PIE: The Book of Love ! Face à lui ce soir, un concurrent tout jeune mais qui a déjà fait ces preuves, spécialiste de l'action, professionnel de la cascade, champion de l'effet spécial et de l'invraisemblabilité (tellement que ce mot en devient meme invraisemblable, imprononçable, que dis-je, inabordable), restera-t-il imbattable ? J'ai intitulé GI Joe: the Rise of Cobra !

Les deux films se serrent la patte, l'arbitre est en position, les juges sont sur le qui-vive et le public est en folie ! (Didascalie: Bruits intenses d'une foule en délire, cris strident de jeunes femmes, brames d'hommes en rûte, la panoplie complète d'une folle foule)

Et c'est parti mon kiki ! Les deux films prennent leurs distances dès le départ, le round d'observation commence, a ma droite une scène burlesque dans l'air du temps seulement suggérée, à ma gauche un combat qui pétarade dans tout les sens où la physique élémentaire de Newton en prend un coup: ce combat de navets commence sur les chapeaux de roux alors qu'on attend les premières patates entre combattants !

Et Bim c'est le AP qui degaine en premier avec un dénudé sublime sur une poitrine flamboyante, cette plastique est de rêve et c'est un coup de massue... Oh non ! Riposte instantanée de GIJ avec une combinaison en cuir très sexy sur un corps fort charmant, ca fait mal. Et c'est la fin du premier round.

Pendant que les deux films se reposent, l'un en revenant dans ses souvenirs a travers un flashback très guimauve, l'autre présente son équipe de choc dont le poids des cervelles combinées est inversement proportionnel au volume de silicone qui sera dénudé dans la suite du combat. Ca y est la pause est terminée. Round 2, c'est parti.

On sent que ce round va être très hollywoodien, GIJ commence par une scène d'entrainement de ses deux nouvelles recrues, en musique s'il vous plait Maestro, où impossible n'est pas californien. AP encaisse tant bien que mal et riposte avec une scène de bal lycéen où vraisemblablement le ridicule ne tue pas: atterrir la tête la première entre les jambes d'un homme sur le point de lâcher une bombe odorante n'est pas impossible non plus. L'effarement est total dans le public, mais cela fait tout de même son effet et la foule en délire est hilare (cligne thon - oui je sais). Nos deux films continuent le combat et se rendent coups pour coups : une base américaine profonde de 2km au moins en plein Sahara pour GIJ, une maison close burlesque au possible en pleine forêt canadienne où la maitresse de maison parle Français sans une once d'accent québécois pour AP. TABERNACLE: c'est un coup de massue qu'inflige GIJ à AP avec une course poursuite phénoménale dans les rues de Paris où une moto a toute allure a traversé l'arc de triomphe et se dirige directement vers la défense avant que la plan suivant ne montre la même moto sur la rive gauche au niveau de l'île de la cité. AP trébuche une première fois et tente avec une bible du sexe rédigée par d'anciens élèves un uppercut pour le moins compliqué. GIJ ne se laisse pas surprendre et riposte avec un tram roulant à la vitesse du TGV en plein PARIS avant de renverser la Tour Eiffel sur l'esplanade du Trocadéro. AP est au sol. Mais sauvé par le gong c'est la fin du second round.

Les deux films prennent places et essayent de comprendre. L'un se demande qui a bien pu renverser la tour Eiffel et mettre à sac tout Paris : il cherche des coupables. L'autre, avec le trop plein de cervelle accumulée en ne faisant pas grève à l'école, met en pratique les préceptes de sa nouvelle religion sur les cheerleaders, et va tenter le tout pour le tout dans le 3e round.

La cloche sonne, et c'est reparti pour un tour. GIJ, sur de son avantage, adopte une position défensive et met les voiles sur la banquise nordique. AP doit faire quelquechose, la tension est palpable, et c'est au cours d'une soirée qu'il dégaine: il attaque GIJ a coups de poitrines dénudées ! Il n'arrete plus, il est devenu fou et multiplie les petits coups, droit, gauche, petites, grosses, silicones, naturelles, c'est une ribambelle ! GIJ ne sait que faire et ce n'est surement pas avec des moto-neiges supersoniques qu'il va faire quelque chose. AP est en bonne posture, il le sent, et attaque maintenant avec des dénudés totaux: qu'ils courent, nagent ou se languissent dans des draps il prend définitivement le dessus, et c'est avec un vomis d'homme sur dos de femme avant une scène de doggy style qu'il porte un coup final. GIJ vacille, il est en grande difficulté, heureusement l'arbitre signale la fin du 3e tour.

Les deux films retournent sur leurs tabourets. GIJ ressaisit vaguement ses esprits en entrant dans une base sous-marine de l'ennemi construite sous la banquise, tandis que AP part en vacances au ski. GONG. C'est le 4e round.

Et bim, GIJ, attaque violemment avec une scène digne d'amour, gloire et beauté : Mlle la méchante, autrefois la femme de M le gentil, retrouve son amour pour lui, alors que M le frère de Mlle la méchante allait modifier génétiquement M le gentil alias M le meilleur ami pour la vie de M le frère de Mlle la méchante quand elle était encore Mlle la gentille. Mais c'est trop de tergiversations, et AP en profite pour envoyer un élan faire l'amour a un homme dans la nuit profonde. GIJ recule, et envoie le paquet pour son dernier coup : la démolition en bonne et due forme de la base sous banquise, c'est un patatras, que dis je, un entre-lac d'explosion numériser. AP a l'arcade sourcilière qui saigne, mais décide d'envoyer son happy ending : ces trois cervelles de moineaux puceaux se font dépuceler avec les femmes de leurs rêves, AP insiste meme avec quelques clichés digne des plus grands... euh... American Pie ?! ET BAM ! Ce temps d'hésitation lui est fatal, GIJ revient à la charge avec une issue joyeuse qui décroche la palme du hollywoodisme : un bisous, une équipe soudée, et tout le potentiel pour un suite.

AP est au sol, il semble avoir perdu connaissance, est ce le combat de trop ? L'arbitre est au dessus de lui, il commence le décomptage, 5, 4, 3, 2, 1, 000000000... GIJ REMPORTE CE COMBAT DE BOXE FANTASTIQUE et confirme par la même occasion son pouvoir, que j'appellerai nanaresque !

C'était Teddy Polar Bear, en direct d'Hollywood,
A vous les studios.

16.10.10

Moon

Moon, aussi connue sous le nom de Lune. Cette entité troublante, abstraite, que l'on aperçoit par temps clair au dessus de nos têtes. Blanche, elle représente la pureté. Énigmatique, elle ne sort que la nuit, là où tout les hommes s'endorment. Croissante, elle est élégante. Ronde, elle est inquiétante. Elle est l'objet de toutes les fascinations depuis longtemps, du moins jusqu'à ce jour de Juillet 1969, où l'indication "Luna Incognita" fut retirée de la carte de l'espace. La Lune, conquise, due alors abdiquer et laisser sa place, dans l'imagination et les fantasmes de la foule, à une autre planète: Mars la Rouge.

Depuis les films de sciences fictions se sont toujours tournés vers cette dernière et il est bien rare de retrouver un film qui déroule son histoire sur la Lune. L'imaginaire des adultes, de la science en général, a poursuivi son chemin vers la conquête d'horizons plus lointains. Étonnamment en tant qu'enfant j'ai toujours était fasciné par cette chose circulaire qui traine avec elle quelques taches de rousseurs sur ses joues. Un visage me disait-on, quand j'étais petit, qui viendrait me manger la nuit si jamais je me levais trop tôt. Ou encore ces rares fois où sans aucune autre lumière la Lune éclairait comme en plein jour, marcher sans lampe torche en pleine montagne devenait alors jouissif.

Avant-hier j'ai donc regardé Moon, un film dont je n'avais jamais entendu parlé auparavant. Un Huis-clos intense entre un humain reclus sur soi même pendant 3 ans et une machine si humaine qui fait tout pour le protéger, l'aider. Sam Bell, seul, vit tant bien que mal sa solitude, il mène une vie pleines d'habitudes dans cette base spaciale éclairée aux néons. La lumière est partout dans ce bâtiment futuriste, ni violente, ni tamisée, elle occupe l'espace laissé vide par les hommes, comme pour essayer de combler cette absence dont souffre Sam. Tout est automatisé pour rendre la vie de notre homme encore plus simple, et pourtant elle rend cet humain si dépendant de la technologie que sa vie ne se résume plus qu'à une suite de hobbies: il cultive des plantes auxquelles il parle comme à des chats, construit une maquette en bois de son village d'origine et regarde sans cesse les mêmes messages envoyés par sa femme restée sur Terre.

La première partie du film s'interroge sur la solitude qu'un homme puisse endurer, avant de basculer violemment dans le pur récit science-fictionnaire. Car se Sam est enfermer sur cette planète pour superviser l'extraction d'un minerai dont l'énergie est primordiale a la survie de l'espèce humaine sur Terre. Sam est en effet sous contrat avec une grande multinationale, et malheureusement pour lui, la fin de son contrat approchant, il apprend qu'il n'a jamais était question de le ramener à la maison. Et je suis obligé de m'arrêter là, de peur de vous en dire trop.

C'est l'un de ces rares films qui avancent lentement, dans le calme, où l'acteur principal porte a bout de bras notre voyage intersidéral. Les changements de caractères, ses états d'ames et son aspect physique rendent le film effrayant de réalisme et l'on mesure à chaque scène la torture infligée à l'esprit de notre ami humain, isolé puis désabusé. La force avec laquelle il veut comprendre, agir et sortir de cette mécanique implacable est intense, et même si le film peut sembler lent par moment il impose une réflexion interne importante.

Je ne peux que vous conseiller un film comme celui-ci, une perle de science fiction, dans le sens original du terme.

A bon visionneur, salut.