17.12.10

Exit Through The Gift Shop

Exit through the gift shop fait référence aux messages placardés sur les attractions de Disney Land où les sortie de secours mènent vers ces petites boutiques. Symbole de la mondialisation, du capitalisme et de la dictature de l'image. Clin d'oeil à Simulacres et simulation de Jean Baudrillard, où l'origine d'une oeuvre, ce qu'elle représente, n'a plus d'importance, seul sa valeur fictive, qu'elle soit monétaire ou imaginaire, compte. Tel est en sorte ce que dénonce ce film.

Pour ce faire Banksy, le street artist, connu pour avoir placardé des affiches dans toutes les grandes villes du monde et tagué le mur de Jérusalem, raconte sous forme de documentaire la genèse d'un mouvement dissident jusqu'à son apothéose. Afin de resté dans l'anonymat et de ne pas prendre toute la couverture du film il propose de suivre un étrange personnage, un Français résidant à Los Angeles : Thierry Guetta, comme le fameux DJ. Ce gentil personnage à l'accent Français très prononcé et aux pattes fort proéminentes est ce qu'on pourrait appeler un papa-caméscope compulsif. Il filme tout, tout le temps. Ses enfants, sa femme, les passants, la rue, son boulot, les quelques stars qu'il croise dans la rue et son cousin qui fait de drôles de mosaïques a l'effigie des fameux "space invaders."

Cette dernière rencontre est le point de départ du film à proprement parlé. Thierry Guetta, total étranger au monde de l'art, trouve enfin quelque chose qui vaille le coup d'être filmé, il découvre un but, un objectif dans sa pathologie compulsive. Une petite rétrospective sur son enfance nous explique pourquoi notre héros a ce besoin. Sa mère disparaît lorsqu'il a 11 ans, il est tout de suite retiré du foyer et recueilli chez ses cousins ou il grandira avec très peu de souvenirs de sa mère. Pour éviter la même situation à ses enfants, il veut emmagasiner un maximum d'images pour qu'ils ne puissent pas oublier. L'importance de l'image est ici souligner, comme si la réalité ne pouvait exister sans sa représentation, le culte de l'image a sa victime, sa pathologie, elle s'appelle Thierry Guetta.

Se sentant enfin utile il se lance dans la capture d'un maximum d'images de ces jeunes artistes indépendants, différents qui taguent des affiches publicitaires et placardent des images sur des murs gris. Très vite Guetta devient l'ami de ces hommes et femmes. Il parcoure le monde, de ville en ville pour filmer leurs actions. Il les connait presque tous. Il n'en manque q'un seul. Banksy.

Il va finir par le rencontrer, le filmer et devenir son meilleur ami. Banksy, l'ombre, s'associe à Guetta, la lumière. Celui qui faisait de l'art de rue incognito veut tout de même avoir un témoignage, un héritage visuel montrant son oeuvre et ses actions. Banksy lui demandera même au final d'en faire un documentaire retraçant l'histoire du mouvement. Malheureusement Guetta n'est qu'un mouton parmi tant d'autres et ne saura en aucun cas mené à bien cette première mission. Le documentaire est un désastre. L'artiste demande alors de le faire soi-même et propose une deuxième tâche à son fidèle filmeur: devenir à son tour un artiste de la rue.

Ni une ni deux Guetta se lance dans cette nouvelle activité. Très vite on se rend compte qu'il n'est pas un artiste, mais un simple copieur. Reprenant le travail d'autres artistes il y ajoute des taches pour en faire des oeuvres d'art, demande à ses assistants de photoshoppés des publicités déjà existantes ou encore tombe d'une échelle alors qu'il tague un mur. Il ne sait rien faire et a besoin d'aide pour tout. Pourtant il réussi à mettre sur pied une gigantesque exposition qui lui rapportera plus d'un million de dollars en une soirée. Le paroxysme de ce film, montrant à quel point aucun art ne peut résister à cette matière anti-artistique qu'est l'argent.

A la fin de ce film les notions d'art, de sub-culture ou encore de street art n'ont plus vraiment de sens. Elles se mélangent dans des entrelacs de ramifications, d'exemple et de contre-exemples, qui prouvent et éprouvent des thèses. Il ne reste qu'une question valable : qu'a donc voulu dire Banksy à travers ce vrai-faux documentaire ? Il a peut etre voulu défendre tout ses artistes qui eux aussi dessinent les espaces urbains, l'argent et la reconnaissance n'étant rien, Guetta étant le parfait exemple de non-artiste qui a seulement était opportuniste. Peut etre Banksy a-t-il ici critiqué par la même occasion le rôle qu'ont les médias sur l'art, en le portant à la connaissance d'un public celui-ci est d'emblée dénaturé et ne peut resté dans l'anonymat qui le défini. En effet quel est le rapport entre Space Invaders créant ses mosaïques au fond de son garage pour les accrochés dans la rue et Guetta jetant un coup de bombe au hasard sur 200 images identiques afin de les rendre uniques ? Aucun. L'ironie est palpable. Comme dans toute l'oeuvre de Banksy.

On se demande alors si au contraire ce documentaire n'est en fait qu'une simple oeuvre d'art, monté de toutes pièces ce documentaire ne serait peut être qu'un film différent. Il est ce que le street art est à l'ensemble de l'imagerie urbaine. Différent, peu conventionnel et ironique. Prenant la forme d'un documentaire il est déjà en soi un mode d'expression peu répandu comme l'est l'art en milieu urbain. Il est encore moins conventionnel dans le sens où il n'est pas vraisemblable. Il montre à quel point la forme d'une expression artistique peut induire sur sa compréhension, à travers Guetta et à travers le film en lui-même, on comprend à quel point le message ou l'absence de message peut être comprise différemment.

Banksy prend à revers la dictature de l'image et l'absence d'une réalité propre aux humains dénoncées par Baudrillard en créant un film qui montre la réalité de manière détournée afin que l'on comprenne mieux qu'elle est personnelle et universelle dans son accès.

C'est un Teddy Polar Bear, qui ne sait plus quoi dire, qui vous dit au revoir.

5.12.10

The Man from Earth

Je suis né 15 000 ans avant J-C. Dans une tribu du centre de l'Asie. Jeune j'étais humain. Avec le temps qui s'écoula, je devins différent. Vivre longtemps certes, mais qu'est ce que le temps quand on est homme de cro-magnon, quand on ne sait pas parler ou comprendre le monde qui nous entoure ?

Ma seule certitude était justement cette incompréhension. Mes compagnons disparaissaient, moi je restais. Très vite mes congénères m'exclurent. Moi le paria, le seul qui n'était point comme les autres. J'entrepris une longue errance à travers le monde. Jamais la mort ne vint me guetter. Jamais une blessure ne me fut fatale. Seul je pouvais marcher. J'ai sans doute traversé le monde, vu la manche alors qu'elle n'était point encore sous les eaux, visité les villages de la mer de Noire et rencontré le Bouddha.

Pourtant ce que je vous dis là je ne l'ai qu'appris plus tard. Bien plus tard. A une époque où la géographie fit son apparition, où les hommes commencèrent à comprendre le phénomène de la montée des eaux. Les guerres auxquelles j'ai participé. Les merveilles que j'ai vu s'ériger. Les civilisations que j'ai vu disparaitre. Tout cela n'est que le fruit d'un apprentissage tardif. L'expérience n'est rien sans la connaissance.

J'ai rencontré de grands hommes. Bouddha en fût un. Le seul qui de son temps me fît comprendre qu'il était grand. Sage, calme, ses préceptes me permirent d'accepter mon état. Homme immortel j'étais. Immortel je resterai. Je repris la route en direction de l'Europe, sur mon chemin, non loin de Bethleem et Jerusalem, j'ai essayé de transmettre les préceptes du Bouddha. Ils furent mal accueillis. Violemment rejeté par certains. Mais d'autres les suivirent, les interprétèrent faussement et en firent toute une histoire. Une erreur. Mon erreur.

L'homme n'a pas assez de recul, il n'a pas assez d'horizon non plus. Lorsque le recul devient suffisant l'horizon est trop court pour qu'il soit utile. Au contraire, sans recul, l'horizon est trop flou ou trop grand. La folie guette, attaque parfois, et mord de temps à autre. Si le monde moderne est ce qu'il est aujourd'hui, il est le fruit d'une mémoire collective. A défaut de ne savoir quoi faire, les hommes ont appris ce qu'ils ne devaient pas faire. Je n'y suis pour rien, et mon simple état de pion n'y changera rien.

Je suis en quête de connaissance, la reconnaissance ne m'intéresse que peu. Je suis à la recherche d'un semblable, mais lui non plus ne m'aidera pas. J'ai croisé l'amour, vogué sur l'amitié et sombré dans la tristesse. Ma vie n'est qu'une longue errance à la recherche de la personne que je suis. Même si je suis au dessus de tout les mortels, immunisé face à cette angoisse, cette pression de devoir faire les choses rapidement, je ne suis qu'un homme perdu comme tant d'autres. Qui suis je ? Que dois je faire ? Où vais je ? Pourquoi moi ? Je suis si banal et si extraordinaire à la fois.

Je ne suis au final qu'un humain comme tant d'autres.

24.11.10

Cargo

Bientôt il fera froid dans l'espace, les lumières faites de néons disparaitront et laisseront place à des nuages de vapeurs que l'Homme expirera dans l'obscurité.

Cargo, Space is cold, film suisse allemand, réalisé par Ivan Engler et Ralf Etter nous offre des lendemains polaires dans l'immensité d'un espace vide.

Nous sommes donc en 2267, dans une gigantesque station spatiale en orbite au dessus de la Terre, où les hommes encore en vie survivent tant bien que mal, entassés les uns sur les autres dans des salles d'attente où le froid règne en maitre absolu. La modernité si chère à la science fiction ne se fait ressentir qu'à travers des écrans plats omniprésents et des appareils de communication étonnamment peu surpuissants: le Monde, où l'espèce humaine, n'a donc que peu évolué. Comme souvent le thème de départ est cette absence d'un chez soi comme nous le connaissons. La Terre est inhabitable, une multi-nationale commande dorénavant les décisions politiques et les futurs étapes de la destinée humaine. Les ingrédients sont là, on peut s'installer confortablement, poser son bock de pop-corn et se laisser transporter.

Passé la surprise de la langue allemande comme voix originale, on découvre l'histoire du film. Laura, médecin, veut rejoindre sa soeur partie vivre sur une planète lointaine qui ressemble à la Terre, Rhea. Comme un signe, les rares images de ce paradis perdu sont celles d'un automne aux couleurs dorées, avant que l'hiver ne sévisse, comme un clin d'oeil aux réfugiés qui veulent tous s'echapper non pas vers des lendemains chantants mais vers un passé disparu. Les hommes n'ont plus d'avenir dans cette branche du possible, seul le retour aux fondamentaux de la vie leur sera salvateur. Fiction ? Rien n'est moins sur.

Notre héroine s'embarque sur un immense vaisseau spatial cargo avec quelques membres d'équipage. Le trajet allé-retour, d'une durée de 4 ans, devra lui permettre de payer le voyage vers Rhea et rejoindre sa soeur. Une grande partie du trajet se fera plongé dans un sommeil cryogène. Chaque membre devant surveillé le vaisseau pendant 4 mois d'affilés, seul dans le froid. Évidemment le vaisseau n'est pas vide, et le jeu du chat et de la souris commence. L'angoisse monte lentement et le froid se transmet. La fin du film propose une réflexion sur les motivations des hommes: ce qui nous pousse chaque jour à nous lever, à faire quelque chose de notre vie alors que celle ci est vouée à finir tôt ou tard, retourner au néant.

L'idée que le bonheur puisse être artificiel se heurte à notre volonté de vouloir dominer et contrôler. L'espece humaine à toujours voulu sortir de son statut animal et s'affranchir des limites de cette condition. Tout dans notre développement à toujours été orienté vers cette idée que le contrôle était le stade absolu de l'homme, l'idée même de la liberté est celle du contrôle, le refus d'être dépendant de ce que la Terre ou toute autre personne a à nous offrir. La question qu'on peut se poser, après avoir vu ce film, où d'autres, après avoir appris que le Père Noël n'existait pas, ou même en repensant à cette chèvre si naïve mais si forte : le prix de la liberté et du bonheur n'est il pas celui de l'ignorance ?

"Heureux les simples d'esprits" disait Sinsemilia dans une de leurs chansons, heureux Amine qui chérissait son barbecue en plein désert, heureuse la soeur de notre héroïne.

Toutefois la vérité semble plus forte pour Laura. Elle décide de refuser ce paradis et de se battre pour un meilleur monde à dessein de tous. En apprenant toutes les facettes de la vérité elle arrive à saisir l'essence même de son être et réalise que l'épanouissement de sa personne ne peut que passer par un retour a ses racines, celles qui réduisent la liberté apparente mais qui permettent de bâtir une vie, un chez-soi et, d'une certaine manière, de la rendre humaine. On se demande si son choix est le bon, si nous même aurions fait le même geste, sommes nous suffisamment forts ?

Une perle de la science fiction, difficile à trouver, mais qui se déguste avec plaisir.

L'ourson blanc de l'espace vous salue.




18.10.10

American Pie Versus G.I. Joe

Mesdemoiselles, mesdames et messieurs, bonsoir. Bienvenue dans l'antre du combat cinématographique, sur le ring des affrontements hollywoodiens, au milieu de l'arène des combats improbables.

Asseyez vous confortablement, attachez vos ceintures (non je déconne), ouvrez vos paquets de pop corns et faites siffler les pailles en plastiques. Ce soir, à ma droite, venu de nulle part, et pourtant onniprésent, l'élégance et la légèreté incarnés, le colosse multi-récidiviste, le spécialiste de l'ado pré-pubère, j'ai nommé : AMERICAN PIE: The Book of Love ! Face à lui ce soir, un concurrent tout jeune mais qui a déjà fait ces preuves, spécialiste de l'action, professionnel de la cascade, champion de l'effet spécial et de l'invraisemblabilité (tellement que ce mot en devient meme invraisemblable, imprononçable, que dis-je, inabordable), restera-t-il imbattable ? J'ai intitulé GI Joe: the Rise of Cobra !

Les deux films se serrent la patte, l'arbitre est en position, les juges sont sur le qui-vive et le public est en folie ! (Didascalie: Bruits intenses d'une foule en délire, cris strident de jeunes femmes, brames d'hommes en rûte, la panoplie complète d'une folle foule)

Et c'est parti mon kiki ! Les deux films prennent leurs distances dès le départ, le round d'observation commence, a ma droite une scène burlesque dans l'air du temps seulement suggérée, à ma gauche un combat qui pétarade dans tout les sens où la physique élémentaire de Newton en prend un coup: ce combat de navets commence sur les chapeaux de roux alors qu'on attend les premières patates entre combattants !

Et Bim c'est le AP qui degaine en premier avec un dénudé sublime sur une poitrine flamboyante, cette plastique est de rêve et c'est un coup de massue... Oh non ! Riposte instantanée de GIJ avec une combinaison en cuir très sexy sur un corps fort charmant, ca fait mal. Et c'est la fin du premier round.

Pendant que les deux films se reposent, l'un en revenant dans ses souvenirs a travers un flashback très guimauve, l'autre présente son équipe de choc dont le poids des cervelles combinées est inversement proportionnel au volume de silicone qui sera dénudé dans la suite du combat. Ca y est la pause est terminée. Round 2, c'est parti.

On sent que ce round va être très hollywoodien, GIJ commence par une scène d'entrainement de ses deux nouvelles recrues, en musique s'il vous plait Maestro, où impossible n'est pas californien. AP encaisse tant bien que mal et riposte avec une scène de bal lycéen où vraisemblablement le ridicule ne tue pas: atterrir la tête la première entre les jambes d'un homme sur le point de lâcher une bombe odorante n'est pas impossible non plus. L'effarement est total dans le public, mais cela fait tout de même son effet et la foule en délire est hilare (cligne thon - oui je sais). Nos deux films continuent le combat et se rendent coups pour coups : une base américaine profonde de 2km au moins en plein Sahara pour GIJ, une maison close burlesque au possible en pleine forêt canadienne où la maitresse de maison parle Français sans une once d'accent québécois pour AP. TABERNACLE: c'est un coup de massue qu'inflige GIJ à AP avec une course poursuite phénoménale dans les rues de Paris où une moto a toute allure a traversé l'arc de triomphe et se dirige directement vers la défense avant que la plan suivant ne montre la même moto sur la rive gauche au niveau de l'île de la cité. AP trébuche une première fois et tente avec une bible du sexe rédigée par d'anciens élèves un uppercut pour le moins compliqué. GIJ ne se laisse pas surprendre et riposte avec un tram roulant à la vitesse du TGV en plein PARIS avant de renverser la Tour Eiffel sur l'esplanade du Trocadéro. AP est au sol. Mais sauvé par le gong c'est la fin du second round.

Les deux films prennent places et essayent de comprendre. L'un se demande qui a bien pu renverser la tour Eiffel et mettre à sac tout Paris : il cherche des coupables. L'autre, avec le trop plein de cervelle accumulée en ne faisant pas grève à l'école, met en pratique les préceptes de sa nouvelle religion sur les cheerleaders, et va tenter le tout pour le tout dans le 3e round.

La cloche sonne, et c'est reparti pour un tour. GIJ, sur de son avantage, adopte une position défensive et met les voiles sur la banquise nordique. AP doit faire quelquechose, la tension est palpable, et c'est au cours d'une soirée qu'il dégaine: il attaque GIJ a coups de poitrines dénudées ! Il n'arrete plus, il est devenu fou et multiplie les petits coups, droit, gauche, petites, grosses, silicones, naturelles, c'est une ribambelle ! GIJ ne sait que faire et ce n'est surement pas avec des moto-neiges supersoniques qu'il va faire quelque chose. AP est en bonne posture, il le sent, et attaque maintenant avec des dénudés totaux: qu'ils courent, nagent ou se languissent dans des draps il prend définitivement le dessus, et c'est avec un vomis d'homme sur dos de femme avant une scène de doggy style qu'il porte un coup final. GIJ vacille, il est en grande difficulté, heureusement l'arbitre signale la fin du 3e tour.

Les deux films retournent sur leurs tabourets. GIJ ressaisit vaguement ses esprits en entrant dans une base sous-marine de l'ennemi construite sous la banquise, tandis que AP part en vacances au ski. GONG. C'est le 4e round.

Et bim, GIJ, attaque violemment avec une scène digne d'amour, gloire et beauté : Mlle la méchante, autrefois la femme de M le gentil, retrouve son amour pour lui, alors que M le frère de Mlle la méchante allait modifier génétiquement M le gentil alias M le meilleur ami pour la vie de M le frère de Mlle la méchante quand elle était encore Mlle la gentille. Mais c'est trop de tergiversations, et AP en profite pour envoyer un élan faire l'amour a un homme dans la nuit profonde. GIJ recule, et envoie le paquet pour son dernier coup : la démolition en bonne et due forme de la base sous banquise, c'est un patatras, que dis je, un entre-lac d'explosion numériser. AP a l'arcade sourcilière qui saigne, mais décide d'envoyer son happy ending : ces trois cervelles de moineaux puceaux se font dépuceler avec les femmes de leurs rêves, AP insiste meme avec quelques clichés digne des plus grands... euh... American Pie ?! ET BAM ! Ce temps d'hésitation lui est fatal, GIJ revient à la charge avec une issue joyeuse qui décroche la palme du hollywoodisme : un bisous, une équipe soudée, et tout le potentiel pour un suite.

AP est au sol, il semble avoir perdu connaissance, est ce le combat de trop ? L'arbitre est au dessus de lui, il commence le décomptage, 5, 4, 3, 2, 1, 000000000... GIJ REMPORTE CE COMBAT DE BOXE FANTASTIQUE et confirme par la même occasion son pouvoir, que j'appellerai nanaresque !

C'était Teddy Polar Bear, en direct d'Hollywood,
A vous les studios.

16.10.10

Moon

Moon, aussi connue sous le nom de Lune. Cette entité troublante, abstraite, que l'on aperçoit par temps clair au dessus de nos têtes. Blanche, elle représente la pureté. Énigmatique, elle ne sort que la nuit, là où tout les hommes s'endorment. Croissante, elle est élégante. Ronde, elle est inquiétante. Elle est l'objet de toutes les fascinations depuis longtemps, du moins jusqu'à ce jour de Juillet 1969, où l'indication "Luna Incognita" fut retirée de la carte de l'espace. La Lune, conquise, due alors abdiquer et laisser sa place, dans l'imagination et les fantasmes de la foule, à une autre planète: Mars la Rouge.

Depuis les films de sciences fictions se sont toujours tournés vers cette dernière et il est bien rare de retrouver un film qui déroule son histoire sur la Lune. L'imaginaire des adultes, de la science en général, a poursuivi son chemin vers la conquête d'horizons plus lointains. Étonnamment en tant qu'enfant j'ai toujours était fasciné par cette chose circulaire qui traine avec elle quelques taches de rousseurs sur ses joues. Un visage me disait-on, quand j'étais petit, qui viendrait me manger la nuit si jamais je me levais trop tôt. Ou encore ces rares fois où sans aucune autre lumière la Lune éclairait comme en plein jour, marcher sans lampe torche en pleine montagne devenait alors jouissif.

Avant-hier j'ai donc regardé Moon, un film dont je n'avais jamais entendu parlé auparavant. Un Huis-clos intense entre un humain reclus sur soi même pendant 3 ans et une machine si humaine qui fait tout pour le protéger, l'aider. Sam Bell, seul, vit tant bien que mal sa solitude, il mène une vie pleines d'habitudes dans cette base spaciale éclairée aux néons. La lumière est partout dans ce bâtiment futuriste, ni violente, ni tamisée, elle occupe l'espace laissé vide par les hommes, comme pour essayer de combler cette absence dont souffre Sam. Tout est automatisé pour rendre la vie de notre homme encore plus simple, et pourtant elle rend cet humain si dépendant de la technologie que sa vie ne se résume plus qu'à une suite de hobbies: il cultive des plantes auxquelles il parle comme à des chats, construit une maquette en bois de son village d'origine et regarde sans cesse les mêmes messages envoyés par sa femme restée sur Terre.

La première partie du film s'interroge sur la solitude qu'un homme puisse endurer, avant de basculer violemment dans le pur récit science-fictionnaire. Car se Sam est enfermer sur cette planète pour superviser l'extraction d'un minerai dont l'énergie est primordiale a la survie de l'espèce humaine sur Terre. Sam est en effet sous contrat avec une grande multinationale, et malheureusement pour lui, la fin de son contrat approchant, il apprend qu'il n'a jamais était question de le ramener à la maison. Et je suis obligé de m'arrêter là, de peur de vous en dire trop.

C'est l'un de ces rares films qui avancent lentement, dans le calme, où l'acteur principal porte a bout de bras notre voyage intersidéral. Les changements de caractères, ses états d'ames et son aspect physique rendent le film effrayant de réalisme et l'on mesure à chaque scène la torture infligée à l'esprit de notre ami humain, isolé puis désabusé. La force avec laquelle il veut comprendre, agir et sortir de cette mécanique implacable est intense, et même si le film peut sembler lent par moment il impose une réflexion interne importante.

Je ne peux que vous conseiller un film comme celui-ci, une perle de science fiction, dans le sens original du terme.

A bon visionneur, salut.

18.9.10

L'Attaque du métro 123

Pour une fois que je préfère le titre Français j'ai décidé d'en intitulé mon article, parce que "The taking of Pelham 1 2 3" ca ne me parle pas beaucoup. D'ailleurs, afin de vous éduquer, j'ai pris la décision, en mon fort intérieur, de vous expliquer ce titre. Pelham peut donc signifier différentes choses. Tout d'abord une flopée d'Anglo-saxons ont ce nom pour décrire leur famille. Plusieurs MP de Grande-Bretagne, quelques Congressmen et sportifs américains répondent à ce patronyme. Rien de bien folichon ici, on notera juste que Hanoi est la capitale du Vietnam.

Avant de continuer il faut savoir que Wikipédia recèle de pleins d'hyperliens qui m'ont maintenant amené sur la page du Roman écrit en 1973 par un certain Morton Freedgood (oui, la liberté c'est bien). Pelham est aussi une banlieue de Birmingham, ham signifiant jambon en Anglais mais référant aussi au premier Chimpanzé envoyé dans l'Espace. Et tenez vous bien, HAM est l'acronyme de la Haute Autorité des Médias an république démocratique du Congo, pays a ne pas confondre avec la République du Congo, qui elle n'est donc pas gouvernée par le peuple et pourtant la capitale du Gabon s'appelle Libreville.

Donc je disais plusieurs choses, mais l'une des plus importantes c'est que le titre utilisé dans la langue de Shakespeare réfère a un Métro qui part d'un quartier du Bronx s'appelant Pelham, en référence a un magnat de l'immobilier du 17e siècle qui avait acheté toute la zone comprenant le nord du Bronx et quelques terres au dela de l'East River. Bref, ce métro, part a 13h23 de Pelham, 1:23 PM.

A ce point de l'article " . " vous avez totalemant saisie l'origine des deux Congos et, je l'espere, le pourquoi du comment du titre du film.

Revenons en a nos moutons, ici Denzel Washington et John Travolta (Dieu demanda a John de travolter, et John Travolta) se font face dans un thriller détonant. John, aka Ryder, s'empare d'une rame de métro et exige une rançon de dix millions de dollars (soit trois orteils de Cristiano Ronaldo). Il est en contact direct avec Denzel, aka Garber, simple aiguilleur de tromé à la MTA (la RATP New Yorkaise). La tension est palpable, tellement palpable que les deux hommes parlent d'un voyage que Ryder a fait par le passé en Islande avec une mannequin de fesses. Entre temps quelques otages sont tués a coups de revolver.

Et la je ne sais plus quoi dire sur ce film. Parce que au final il y a pas grand chose a dire. Ils parlent beaucoup, la réalisation est plutot bonne et on arrive au final a croire qu'il se passe quelque chose alors que en fait pas grand chose. Moi ce qui me choque au final se sont c'est deux étoiles que le film a récolté dans le magazine télé. Autant que Inglorious Basterds. Je suis désolé, navré, exaspéré de voir qu'un simple film, adaptation de deux autres films et d'un roman puisse avoir autant d'étoiles que le dernier chef d'oeuvre de Tarantino !

A la place je vais vous faire un pâle copié collé de Mallarmé:

Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore
Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
Aboli bibelot d’inanité sonore

A bon entendeur, salut !

27.7.10

2046

Oui j'ai vu 2046. Non je ne l'ai pas vu. Enfin si, mais pas vraiment. En fait j'ai essayé de le regarder. Et encore. C'est beaucoup, ou peu dire. Parce que je l'ai vu. Donc je n'ai plus vraiment essayé. Mais bizarrement je ne l'ai pas vu totalement. Je crois surtout que je ne l'ai pas compris. Oui. Voila c'est ca. Je l'ai vu, mais pas compris. Seulement partiellement. Compris, pas vu.

Vu, je l'avais pas vu.

Alors comment parler d'un film que l'on a pas vraiment vu. Difficile a priori. A posteriori aussi. A Patrick Fiori encore plus. Pourtant je me suis attelé à la tâche tel un cheval qui avait les crocs. Faim de culture peut être, Wong Kar-Wai ayant tout de même était récompensé a Cannes plusieurs fois, je me lance au grand galop dans ce film que je crois futuriste. Mal m'en pris. Je ne comprend rien de rien a cette histoire hallucinogène. Moi je vous le dit, de vous à moi, les chinois ils ont les yeux bridés, et à mon avis c'est pas tout a fait légal ca. Alors déjà ce film se passe dans le Hong Kong des années 60, rien à voir avec 2046. Publicité mensongère mes amis, je cris au scandale, encore un coup monté des chinois pour qu'ils nous inondent de produits prétendument moins chers. En fait 2046 c'est le numéro de la chambre d'hôtel d'à coté de là où réside notre héros. Banal. Complètement Banal.

Pomme d'api.

Je tiens à signaler que les gens dans ce film parlent chinois. Je confirme votre dubitativation, cela complique encore davantage la compréhension. Heureusement Monsieur Sous-titre est venu m'aider un chouïa. Chose étrange, quelques scènes se déroulent dans le futur, en 2046 je suppose, dans un métro très étrange. Et alors là, asseyez vous confortablement, les quelques dialogues échangés se font en Japonais ! Oui monsieur ! En Japonais ! Ici les lecteurs sceptiques me demanderont mais d'où vous faites la différence entre le japonais et le chinois, espèce d'hurluberlu. La réponse est simple: J'adôôre les sushis !


Motivé que j'étais à la perspective de retrouver un bon film Hong Kongais, je me suis fait lamentablement avoir. Pas de scène d'action, pas de scène en extérieur (OMFG, moi qui suis claustro, je vous raconte même pas) et une voix off en chinois. Horreur, un film d'amour d'horreur dans la plus pure tradition Hitchcockienne. Douleureux que fut ce temps passé a essayer de capter les ondes émanant de ce film. Le pire, oui le pire ! C'est cette impression au final d'être totalement débile, incapable de saisir un film ou la beauté et la profondeur de la poésie est palpable. Palpable. Palpable mais intouchable, insaisissable, mon esprit c'est refermé est a refusé catégoriquement de produire des ondes alpha.

Dans un mouvement de désespoir je me lançais un défi a moi même: Essayer un autre film de Wong Kar-Wai pour, je l'espérais, capturer la beauté d'un cinéma juste, beau, mélodieux et poétique. Je jetai mon dévolu sur Blueberry Nights. Je ne fus en aucun cas déçu.

L'hérmétisme n'est pas l'apanache de la poésie ou du K-way (K-way, Kar-Wai... bizarre, vous avez dit bizarre ?), le cinéma s'y prête aussi.

A vous les studios.